Compte rendu de l'atelier "Quels ponts construire entre agriculture bio végane et militant·es antispécistes ?"
Résumé
Qu’est-ce que la prise en compte des enjeux de production agricole fait à l’antispécisme ? Qu’est-ce que l’antispécisme peut faire à l’agriculture / au fait d’évoluer dans un milieu rural et agricole ? Quelles attentes des agri·es bio véganes vis-à-vis du mouvement antispé ? Quels besoins des deux côtés ?
Billet
L’idée de cet atelier était de réfléchir à plusieurs choses : Qu’est-ce que la prise en compte des enjeux de production agricole fait à l’antispécisme ? Qu’est-ce que l’antispécisme peut faire à l’agriculture / au fait d’évoluer dans un milieu rural et agricole ? Quelles attentes des agri·es bio véganes vis-à-vis du mouvement antispé ? Quels besoins des deux côtés ?
On s’est retrouvæs à cet atelier par volonté de construire des ponts, justement entre agriculture bio végane et mouvement végan / antispéciste.
On est d’abord partix de ce constat que dans le mouvement végan / antsipé il y a vait peu de connaissance sur les enjeux de production agricole végétale. Comme une déconnexion liée à un manque de connaissance. Typiquement, il y a un angle mort, voire un déni, vis-à-vis du fait que la plupart des légumes qu’on mange sont fertilisés avec du fumier, du lisier, des sous-produits d’abattoirs (poudre de sang par exemple).
Par ailleurs les personnes présentes qui cultivaient / vivaient en milieu rural et avait un minimum de connaissance des enjeux de production constat d’une déconnexion avec le mouvement végan sur ces questions de production et de contraintes liées, mais aussi enjeu de crédibilité vis-à-vis des agris qui passent par la production, la pratique et non les discours. Parfois même impression d’un fort rejet chez certain·es antispæs de la question de la production agricole identifiée à l’élevage. D’où l’impression d’une scission entre d’un côté pratiques / réflexions / militantisme antispéciste d’une part et pratiques agricoles et militantisme sur ces questions d’autre part.
Là-dessus on a notamment parlé de crédibilité et de visibilité vis-à-vis du monde agricole comme des mouvements végans / antispés.
Il y a un enjeu à visibiliser cette question de la production agricole au sein du mouvement antispé parce que sentiment.
→ Par des formations et contenus qui permettent d’introduire aux enjeux de culture et du monde agricole, mais aussi des témoignages ou cartes (comme la vonmap.org, ou celle qu’il y a sur le site sansfumier.com). On a aussi parler de soutenir des assos qui aident à la transition des éleveureuses hors de l’élevage : type coexister, transiterra, Stockfree Farming etc.
→ Par la pratique : En essayant de se connecter avec des agri·es qui pratiquent de cette manière : ça peut être faire du woofing, tenter de monter une amap, mettre en lien des cantines militantes avec ces agris, ou encore déménager à la campagne (souvent les appréhensions qu’on peut avoir, notamment sur le fait d’être « néo rural » ne sont pas fondées a dit une personne présente), mais aussi monter une tofuterie etc. etc.
Concernant la visibilité dans un contexte agricole la discussion a beaucoup tourné sur la tension entre compromis et possibilité d’afficher davantage nos convictions politiques.
Avec cet exemple ou d’autre, on a parlé du fait qu’on avait de la marge pour mettre en avant les idées antispéciste sans que ça crispe ou bloque les relations pour autant. Constat de ce qu’on s’autocensure peut-être trop et qu’on peut être davantage clair·es sur nos positions politiques en matière d’antispécisme.
Un exemple d’explicitation évoqué est celui de la charte de l’AIT (Association Internationale du Tofu, qui rassemble des tofuteries sur une base affinitaire sur le plan politique). Celle-ci pose des bases politiques explicitement antispéciste (notamment) à destination des tofuteries souhaitant rejoindre l’association mais aussi des agriculteurices qui fournissent le soja.
Un point qui a été abordé a été l’intérêt qu’il peut y avoir à se rapprocher des luttes syndicales et en l’occurrence de la Confédération paysanne. L’idée étant que les personnes syndicalistes sont souvent immergées dans d’autres luttes ou au moins en ont connaissance et son à ce titre plus ouverte aux échange et à l’élaboration politique. Le constat partagé par les personnes en présence était que les échanges avec des membres de la conf’ en interindividuel pouvaient être francs et intéressants et ouverts. En revanche les échanges avec des personnes en post de représentation était souvent très compliqué / tendu.
Comment se positionner par rapport aux grosses orgas véganes genre PETA qui ont régulièrement, explicitement ou via leur campagne de sensibilisation, des propos réactionnaires.
A été question de la crise agricole liée à la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse qui touche les bovins) et des alliances ou non à faire dans le monde agricole à ce sujet. A été l’épisode de Comme un poisson dans l’eau sur le sujet.
Quels ponts construire entre agriculture bio végane et militant·es antispécistes ?
L’idée de cet atelier était de réfléchir à plusieurs choses : Qu’est-ce que la prise en compte des enjeux de production agricole fait à l’antispécisme ? Qu’est-ce que l’antispécisme peut faire à l’agriculture / au fait d’évoluer dans un milieu rural et agricole ? Quelles attentes des agri·es bio véganes vis-à-vis du mouvement antispé ? Quels besoins des deux côtés ?
On s’est retrouvæs à cet atelier par volonté de construire des ponts, justement entre agriculture bio végane et mouvement végan / antispéciste.
On est d’abord partix de ce constat que dans le mouvement végan / antsipé il y a vait peu de connaissance sur les enjeux de production agricole végétale. Comme une déconnexion liée à un manque de connaissance. Typiquement, il y a un angle mort, voire un déni, vis-à-vis du fait que la plupart des légumes qu’on mange sont fertilisés avec du fumier, du lisier, des sous-produits d’abattoirs (poudre de sang par exemple).
Par ailleurs les personnes présentes qui cultivaient / vivaient en milieu rural et avait un minimum de connaissance des enjeux de production constat d’une déconnexion avec le mouvement végan sur ces questions de production et de contraintes liées, mais aussi enjeu de crédibilité vis-à-vis des agris qui passent par la production, la pratique et non les discours. Parfois même impression d’un fort rejet chez certain·es antispæs de la question de la production agricole identifiée à l’élevage. D’où l’impression d’une scission entre d’un côté pratiques / réflexions / militantisme antispéciste d’une part et pratiques agricoles et militantisme sur ces questions d’autre part.
Là-dessus on a notamment parlé de crédibilité et de visibilité vis-à-vis du monde agricole comme des mouvements végans / antispés.
Visibilité
Il y a un enjeu à visibiliser cette question de la production agricole au sein du mouvement antispé parce que sentiment.
- Déjà pour des raisons politiques : prendre en compte la question de la production et des pratiques qu’elle implique permet d’éviter l’écueil d’un véganisme dont la seule pratique serait la consommation. De la même manière, le fait de prendre en compte les pratiques de productions permet de sortir de positions qui sont parfois émises et souvent perçues comme purement morales, de surplomb, impraticables etc.
→ Par des formations et contenus qui permettent d’introduire aux enjeux de culture et du monde agricole, mais aussi des témoignages ou cartes (comme la vonmap.org, ou celle qu’il y a sur le site sansfumier.com). On a aussi parler de soutenir des assos qui aident à la transition des éleveureuses hors de l’élevage : type coexister, transiterra, Stockfree Farming etc.
→ Par la pratique : En essayant de se connecter avec des agri·es qui pratiquent de cette manière : ça peut être faire du woofing, tenter de monter une amap, mettre en lien des cantines militantes avec ces agris, ou encore déménager à la campagne (souvent les appréhensions qu’on peut avoir, notamment sur le fait d’être « néo rural » ne sont pas fondées a dit une personne présente), mais aussi monter une tofuterie etc. etc.
Concernant la visibilité dans un contexte agricole la discussion a beaucoup tourné sur la tension entre compromis et possibilité d’afficher davantage nos convictions politiques.
- (Dans mon souvenir : ) En milieur rural et dans le monde agricole, il y a une interdépendance qui fait qu’on peut pas juste se passer des ses voisin·es, refuser de leur filer la main à l’occasion etc. D’autant que parfois certains agri·es qui font de l’élevage ou utilisent des intrants d’élevage sont davantage des camarades sur bien des luttes que certains pans du véganisme.
Avec cet exemple ou d’autre, on a parlé du fait qu’on avait de la marge pour mettre en avant les idées antispéciste sans que ça crispe ou bloque les relations pour autant. Constat de ce qu’on s’autocensure peut-être trop et qu’on peut être davantage clair·es sur nos positions politiques en matière d’antispécisme.
Un exemple d’explicitation évoqué est celui de la charte de l’AIT (Association Internationale du Tofu, qui rassemble des tofuteries sur une base affinitaire sur le plan politique). Celle-ci pose des bases politiques explicitement antispéciste (notamment) à destination des tofuteries souhaitant rejoindre l’association mais aussi des agriculteurices qui fournissent le soja.
- Un peu sur la même tension compromis / affirmation a été évoqué le fait qu’au sein du monde militant français, la discussion critique était peu développée et que toute critique tendait à être exprimée / vécue comme une opposition nette. Ça aussi bien au sein du mouvement antispé que vis-à-vis du monde agricole. Là-dessus a été reconnu l’importance de développer cette capacité à émettre et recevoir des retours critiques (qui visent à l’amélioration et non à la dénonciation) mais dans certaines limites. De la même manière veiller à ne pas se réapproprier des narratifs très anti végans qui tendent à réduire le véganisme / l’antispécisme à une conception purement morale, à une attitude rabat-joie et non à une lutte politique. Enjeu, donc à parler de l’antispécisme comme lutte politique.
Crédibilité
- Au sein du monde agricole on se rend compte que les discours, les positions morales de principes etc. portent beaucoup moins (voire empêche les échanges) que la pratique. Il y a un enjeu à montrer que les productions bio véganes peuvent effectivement produire et que cela parle beaucoup plus que tous les discours dans ces milieux. Donc enjeu à mettre en pratique et partager les résultats.
- Par rapport à toute une partie de la « gauche paysanne » où on perçoit une hausse de la présence des animaux d’élevage / de trait. Constat de ce que la tendance dans la gauche paysanne est beaucoup plus à l’inclusion des animaux dans les processus de culture que dans les manières de s’en passer. L’imaginaire qui prévaut pour penser le futur écologique est beaucoup plus marqué par un regard vers le passé (souvent idéalisé) qu’avec des idées de prise en compte des intérêts des autres animaux. À ce niveau aussi on a besoin d’expliciter nos points de vue mais aussi de travailler notre crédibilité sur le plan de l’argumentaire (peut-être que dans notre société on pourrait davantage réfléchir aux usages de l’énergie et à la répartition de cette ressource que de viser systématiquement à s’en passer). De la même manière, besoin de développer des itinéraires techniques et des outillages adaptés à l’agri bio végane.
Autres sujets abordés
Un point qui a été abordé a été l’intérêt qu’il peut y avoir à se rapprocher des luttes syndicales et en l’occurrence de la Confédération paysanne. L’idée étant que les personnes syndicalistes sont souvent immergées dans d’autres luttes ou au moins en ont connaissance et son à ce titre plus ouverte aux échange et à l’élaboration politique. Le constat partagé par les personnes en présence était que les échanges avec des membres de la conf’ en interindividuel pouvaient être francs et intéressants et ouverts. En revanche les échanges avec des personnes en post de représentation était souvent très compliqué / tendu.
Comment se positionner par rapport aux grosses orgas véganes genre PETA qui ont régulièrement, explicitement ou via leur campagne de sensibilisation, des propos réactionnaires.
A été question de la crise agricole liée à la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse qui touche les bovins) et des alliances ou non à faire dans le monde agricole à ce sujet. A été l’épisode de Comme un poisson dans l’eau sur le sujet.